Une personne n’arrive pas en consultation avec des fonctions rangées dans des tiroirs. Elle parle, mange, respire, dort, travaille et vit avec ses inconforts. Cette continuité explique pourquoi mon travail d’orthophoniste s’enrichit des échanges avec d’autres professionnels.
Cette vue d’ensemble prend forme grâce à des observations précises et à la contribution de chaque professionnel.
Plusieurs regards sur une même difficulté
Lorsqu’une personne a du mal à mastiquer et ressent une douleur à la mâchoire, plusieurs questions se présentent. La dentition permet-elle un contact confortable? Comment la mâchoire bouge-t-elle? Comment la langue déplace-t-elle les aliments? Quels aliments et quelles activités deviennent difficiles? Les réponses peuvent appeler des contributions dentaires, physiothérapiques et orthophoniques différentes.
Chez un enfant qui refuse certaines textures, les habiletés alimentaires, les sensations, la nutrition et le vécu des repas peuvent demander une attention complémentaire. L’équipe se construit selon les besoins de l’enfant et les priorités de sa famille.
Mon point d’ancrage : les fonctions orofaciales
Dans ma pratique, l’évaluation porte notamment sur la parole, la mastication, la déglutition et les fonctions orofaciales concernées. Je cherche à comprendre ce qui gêne la personne et à définir des objectifs observables : mieux préparer une bouchée, améliorer une coordination ou rendre une fonction moins laborieuse.
Si l’histoire soulève une question d’obstruction nasale, de sommeil, de douleur ou d’audition, je la documente et j’oriente vers le professionnel approprié. Cette démarche élargit la compréhension du contexte tout en gardant un rôle clair pour chaque intervention.
Collaborer, c’est aussi se transmettre des informations utiles
Les repères de collaboration interprofessionnelle de l’IPEC mettent l’accent sur la connaissance des rôles, la communication et le travail d’équipe centré sur la personne. En pratique, cela peut être aussi simple qu’un rapport qui distingue les observations des hypothèses et formule une question précise au collègue consulté.
Qu’a-t-on observé? Quel objectif poursuit-on? Quel changement la personne rapporte-t-elle? Que reste-t-il à comprendre? Ces questions donnent aux échanges une direction concrète.
Une vision commune du quotidien
Pour un enfant suivi pour un trouble myofonctionnel dans un contexte d’AOS, par exemple, les progrès fonctionnels en orthophonie et le suivi médical du sommeil répondent à des objectifs complémentaires. Le confort pendant les repas et les mesures de la respiration nocturne apportent chacun un repère pour suivre ce parcours.
J’aime cette possibilité de bâtir des ponts. La collaboration n’enlève rien à la contribution de chacun : elle aide la personne à comprendre son parcours et à avancer avec des objectifs qui ont du sens pour elle.
Marie-Emmanuelle Marchand, M. Sc., orthophoniste
Mon orthophoniste inc.
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Vous vous reconnaissez dans certains de ces signes? Mon auto-questionnaire gratuit vous aide à organiser vos observations.
Pour poursuivre votre lecture
- Mâchoire, mastication et orthophonie : quelle place dans les troubles temporo-mandibulaires?
Comprendre la contribution fonctionnelle de l’orthophonie aux difficultés de mâchoire et de mastication. - ASHA — Troubles myofonctionnels orofaciaux
Repères professionnels sur l’évaluation, l’intervention et la collaboration (ressource externe, en anglais).
