"> Bégaiement 2.0 - Marie-Emmanuelle Marchand

Marie-Emmanuelle Marchand

Bégaiement 2.0

Compte tenu de la grande popularité de l’article précédent sur le bégaiement, voici Bégaiement 2.0!

Les informations contenues dans cet article sont tirées d’un document préparé par Orthophonie et Audiologie Canada http://oac-sac.ca/

Le bégaiement se manifeste par un grand nombre de symptômes, tant visibles que latents. Il s’agit d’un trouble multidimensionnel mettant en cause un comportement linguistique particulier ainsi que les sentiments, les croyances, l’idée de soi-même et l’interaction sociale.

Ainsi, lorsqu’une personne répète un son ou le prolonge, ou encore, hésite pour une période particulièrement longue entre les sons, nous disons habituellement qu’elle bégaie (ou qu’elle souffre de dysfluidité ou éprouve des troubles de fluidité verbale). Le bégaiement peut aussi s’accompagner d’autres comportements particuliers comme des grimaces ainsi que des postures ou des mouvements corporels inusités.

Chacun est touché de façon distincte par le bégaiement et conséquemment, affiche une structure de comportement différente. La fréquence à laquelle les mots sont répétés, le type de perturbation de la parole ainsi que la nature des comportements associés varient d’une personne à l’autre.

Chez le même sujet, l’intensité du bégaiement varie considérablement d’une occasion à l’autre, selon la situation, la journée, la semaine, l’année ou même l’instant. Il arrive souvent qu’on ne tienne pas compte des effets du bégaiement sur les sentiments, les croyances, l’idée de soi-même et l’interaction sociale.

En plus d’être un trouble de la parole, le bégaiement est un problème socio-émotionnel. Les bègues ont souvent une grande peur de parler, éprouvent une frustration répétée lorsqu’ils tentent de communiquer et se disent insatisfaits d’eux-mêmes. Toutefois, les bègues ne sont pas plus névrosés que les non-bègues, comme on a pu le croire autrefois, mais ne font que réagir normalement au stress engendré par leur trouble de communication.

Dysfluidité normale ou bégaiement

La plupart des enfants vivent un stade normal de dysfluidité lorsqu’ils commencent à agencer les sons, les mots et les phrases. Les périodes de dysfluidité peuvent durer de deux mois à cinq ans. Ce que les parents appellent parfois un bégaiement n’est souvent qu’un stade normal du développement de la parole et du langage. Les hésitations, la répétition des mots et les reprises sont caractéristiques d’une dysfluidité normale.

Même si l’enfant semble bégayer, il se distingue du bègue par la gravité et la forme de sa dysfluidité. La plupart (50-70%) des enfants qui éprouvent une dysfluidité normale dépassent ce stade avant d’atteindre sept ans.

Les causes du bégaiement

Le bégaiement déconcerte les chercheurs et les philosophes depuis des milliers d’années. Même si l’on ne connaît pas encore les causes exactes du bégaiement, les 25 dernières années nous ont permis de faire des progrès considérables dans la compréhension de cette dysfonction.

La recherche actuelle laisse entendre qu’il est causé par une interaction complexe de la structure physique de la personne et de son environnement. Plus précisément, il se peut que le bégaiement résulte d’une combinaison de certains facteurs environnementaux qui engendrent une dysfluidité de la parole chez l’enfant déjà prédisposé physiologiquement au bégaiement. Une fois la dysfluidité présente chez l’enfant, celui-ci peut être affecté par une multitude de facteurs environnementaux qui aggravent la fréquence et la forme des troubles. On ne connaît pas encore les détails des diverses tensions du milieu et des caractéristiques physiologiques en cause.

Faits et chiffres sur le bégaiement

. Le niveau d’intelligence n’est pas fonction de ce que l’on bégaie ou non.

. Le bégaiement n’est pas un trouble psychologique.

. Les personnes de sexe masculin sont plus susceptibles de bégayer que les personnes de sexe féminin, dans une proportion de quatre pour un.

. Le bégaiement tend à être héréditaire.

. De 0,5-1% de la population générale bégaye, ce qui en fait un trouble rare.

. Le bégaiement se retrouve à tous les niveaux de l’échelle socio-économique et dans tous les pays.

. Les enfants ne copient pas le bégaiement. On ne commence pas à bégayer en imitant quelqu’un qui bégaye.

. Les parents ne sont pas la cause du bégaiement. Il se peut que certains facteurs environnementaux influent sur l’évolution et l’intensité du trouble, mais il est peu probable qu’ils soient à l’origine du problème.

. Le stress et l’anxiété peuvent aggraver le bégaiement.

. Il n’existe pas de remède rapide ou magique pour le bégaiement.

. La recherche démontre qu’il est possible de maîtriser le bégaiement par une approche thérapeutique directe et la modification de l’environnement.

Quand devez-vous demander de l’aide?

  1. Lorsque vous êtes inquiets.
  2. Lorsque votre enfant semble reconnaître qu’il a des difficultés de la parole. Par exemple, lorsqu’il hésite à parler, met la main devant la bouche lorsqu’il parle ou manifeste une frustration.
  3. Lorsque les habitudes de dysfluidité changent, notamment lorsque les troubles se manifestent plus fréquemment, qu’il y a évidence de lutte et d’efforts excessifs.
  4. Lorsqu’en vieillissant, l’enfant ne semble pas se sortir du stade normal de dysfluidité. Autrement dit, que le stade dure plus de quatre à six mois.

Si votre situation ou vos sentiments correspondent à l’un ou l’autre des exemples ci-dessus, communiquez avec moi au 819.944.5880. Nous regarderons ensemble ce qui peut être fait pour 1) vous rassurer et 2) vous accompagner dans l’aide à prodiguer.

Conseils généraux pour les personnes qui écoutent

  1. NE retenez PAS votre souffle et ne paraissez pas alarmé.
  2. Écoutez patiemment. NE terminez PAS les phrases pour votre interlocuteur.
  3. Écoutez CE QUE DIT votre interlocuteur et non COMMENT il le dit.
  4. NE proposez PAS à votre interlocuteur de ralentir son débit ou de recommencer. Cela risque de ne pas aider et de centrer l’attention sur la dysfluidité.
  5. Essayez de donner l’exemple en parlant lentement et doucement, lorsqu’il est possible de le faire.
  6. Tentez de créer une ambiance détendue, propice à la communication.
  7. N’INTERROMPEZ PAS. Toutefois, vous pouvez demander des précisions si le message n’est pas clair.

Conseils pour enseignants

L’année vient de commencer et vous avez un élève qui bégaie dans votre classe? Quoi dire et ne pas dire? Comment adapter vos stratégies d’enseignement… Voici un lien vers un court vidéo fait juste pour vous. C’est clair et rapide à consulter. Ça vous permet de retourner à vos planifications de cours en un rien de temps.

Le dépistage précoce est primordial! Si vous pressentez un problème, consultez un orthophoniste!

Marie-Emmanuelle Marchand, M. Sc., orthophoniste

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– Michaël Ferrari

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