Deux voies respiratoires, deux mesures.

Vous connaissez l’expression Deux poids deux mesures? Elle signifie juger deux choses analogues avec partialité, selon des règles différentes. Eh bien, voilà exactement ce que je propose ici. Respirer par le nez ou la bouche, ça ne revient pas au même!

Il existe deux voies respiratoires, par la bouche et le nez, voilà, tout est dit, vous pouvez arrêter de lire! Hihihihi Non, continuez, ça va devenir intéressant.

La respiration normale est nasale.

Lorsque la rhinite obstrue les voies respiratoires supérieures, nous sommes obligés de respirer par la bouche, et cela augmente considérablement le risque de développer des troubles respiratoires du sommeil et des symptômes assimilables au déficit d’attention avec hyperactivité  (TDAH). Il est donc convenu (et prouvé) que de respirer par la bouche au lieu du nez nuit à la fonction cérébrale.

L’impact d’une ventilation buccale est également structurel. Ont été signalés des troubles tels qu’un développement anormal de la région orofaciale, la bouche sèche, des malocclusions, une mastication
anormales, des caries dentaires plus abondantes, des maladies parodontales et la mauvaise haleine [3,4].

Avec la ventilation buccale, les échanges gazeux sont moins efficaces et on observe souvent de l’hyperventilation. C’est le corps qui tente de corriger le manque d’oxygène. Cela exige un effort cardiovasculaire accru.

Il existe des raisons anatomiques convaincantes pour lesquelles la respiration nasale est souvent citée comme étant plus saine que la respiration buccale. Diverses études utilisent différentes définitions de la respiration nasale et buccale. Certains chercheurs étiquettent la respiration en fonction de l’endroit où l’inhalation se produit (c’est-à-dire que l’inhalation par le nez et l’expiration par la bouche sont toujours considérées comme une respiration par le nez, tandis que l’inverse est appelé respiration par la bouche). La plupart des sources acceptent à la fois l’inspiration et l’expiration par le nez comme une respiration nasale.

L’air inhalé par notre nez est réchauffé, filtré, humidifié et transformé en un vortex cohérent par un système en forme de coquillage fait d’os, de vaisseaux et de tissus dans les voies nasales appelées cornets, également connus sous le nom de conchale nasale, qui est latin pour  » coquille. » Le cornet désigne également une coquille en forme de toupie ou de cône renversé (figure).

Bien que l’illustration représente ces structures de manière symétrique, c’est rarement le cas dans les corps réels. Comme pour les colonnes, la plupart des gens présentent un certain degré d’asymétrie dans ces structures, la plus courante étant la déviation de notre septum, ce qui rend une narine plus ouverte structurellement que l’autre.

 

Accessoirement, les voies respiratoires affectent par leur forme (largeur, hauteur) les schémas respiratoires, et leur volume. C’est d’ailleurs directement en lien avec la collapsibilité des voies aériennes supérieures.

De fait, plus elles sont étroites, plus l’air voyage rapidement et donc moins il y a de pression contre les parois pharyngées. Moins il y a de pression, plus elles sont susceptibles de s’affaisser. Ajoutez à cela des hypotonicités et vous comprendrez mieux comment on peut arrêter de respirer la nuit.

Dans nos sinus nasaux est sécrété l’important oxyde nitrique, un vasodilatateur naturel, qui détend le muscle lisse des vaisseaux sanguins, provoquant leur élargissement. Cela augmente le flux sanguin et abaisse la tension artérielle. Inversement, cela peut nous aider à comprendre pourquoi la ventilation buccale entraîne de l’hypertension artérielle et une modification des patrons rythmiques du coeur.

Par rapport à la respiration par la bouche, la respiration par le nez transporte plus d’oxyde nitrique (et ses avantages) vers nos poumons et notre circulation sanguine. La respiration buccale délivre une plus grande quantité d’air à nos poumons (air, pas oxygène); la respiration nasale offre une meilleure qualité d’air et proportionnellement plus d’oxygène.

Note: La découverte de l’oxyde nitrique en tant que molécule de signalisation dans le système cardiovasculaire était si importante qu’elle a remporté le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1998 pour Robert F. Furchgott, Louis J. Ignarro et Ferid Murad.

 

L’article est inspiré de celui-ci Nose breathing versus mouth breathing – Human Kinetics Canada

mais agrémenté des mes connaissances personnelles, accumulées au fil de mes nombreuses lectures.

 

Marie-Emmanuelle Marchand, M. Sc., Orthophoniste

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