Si le sommeil occupe autant de place dans mes lectures et mes réflexions, ce n’est pas seulement pour des raisons professionnelles. Les nuits difficiles font aussi partie de mon histoire.
Adolescente, je connaissais déjà l’insomnie et le sentiment de ne pas être vraiment entendue quand j’en parlais. L’expression « dormir comme un bébé » m’a toujours fait sourire : elle raconte bien mal la diversité des nuits, chez les petits comme chez les grands.
Le matin où le magasin était fermé
Longtemps, j’ai dormi tard dès que j’en avais l’occasion. Quand mes nuits se sont améliorées, j’ai découvert une situation qui ne m’était jamais arrivée : être devant une épicerie avant son ouverture.
La première fois, devant le stationnement vide, j’ai pensé que c’était férié. Puis j’ai compris. J’étais simplement trop tôt. Moi qui pouvais me lever à midi, je devais désormais regarder les heures d’ouverture.
Mon conjoint et moi avons même pris l’habitude de boire un café dans la voiture en attendant que les portes ouvrent. Cette petite scène me fait encore sourire. Parfois, un changement dans notre quotidien se mesure à des détails très ordinaires.
Puis la vie change encore
La maternité a apporté d’autres nuits difficiles. Les acquis que je croyais installés ont été bousculés. Cela m’a rappelé combien il est facile de parler du sommeil en théorie, et combien il peut être exigeant de vivre son absence, nuit après nuit.
Je garde cette expérience en tête lorsque j’écoute une famille fatiguée. Avant les conseils et les objectifs, il y a une réalité à entendre : les réveils, les inquiétudes, les horaires, les efforts déjà faits et l’énergie qui reste.
Ce que cette histoire apporte à mon travail
Mon vécu nourrit mon intérêt pour le sommeil et mon attention aux personnes. Dans ma pratique, mon intervention porte sur les troubles myofonctionnels orofaciaux, notamment lorsqu’ils sont présents dans un contexte d’apnée obstructive du sommeil. Elle s’inscrit alors dans un parcours de soins où chacun apporte son regard.
Ce billet est surtout une façon de dire pourquoi ce sujet me touche. Derrière mes lectures et mes questions, il y a cette conviction très simple : une personne qui raconte qu’elle dort mal mérite d’être écoutée.
Marie-Emmanuelle Marchand, M. Sc., orthophoniste
Mon orthophoniste inc.
Pour poursuivre votre lecture
- Apnée obstructive du sommeil chez la femme : symptômes, hormones et parcours de soins
Mieux comprendre la diversité des manifestations de l’AOS chez les femmes. - Quand le sommeil manque d’air : comprendre les liens, mieux collaborer
Comprendre les mécanismes de l’AOS et l’intérêt des échanges entre professionnels.
2 réponses
Super intéressant vos articles et votre démarche. Je viens d’être opérée pour la vésicule et je fais de l’apnée du sommeil et avait mon appareil avec moi, au cas où et c’est une préposée de l’hôpital qui m’a parlé de votre entrevue faites à Radio-Canada ! Vous êtes un peu loin à Trois-Rivières et suis de Saint-Joseph-du-lac dans les Basses-laurentides mais serait-ce possible d’avoir un suivi ou autre comme des exercices par zoom ? Sinon, je continuerai de me tenir au courant en espérant que vous puissiez former d’autres orthophonistes au Québec, un petit recul par rapport à l’Europe ! Merci et vous ne devez pas chômer ?!!👍😊Marguerite Vanasse
Les gens viennent me voir de loin, alors j’ai développé un mode hybride (à distance et en présentiel). Si vous voulez, vous pouvez vous inscrire sur ma liste d’attente via le bouton Gorv bleu de mon site. Cela dit, je forme au Qc. depuis 2021. Vous pouvez contacter l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Qc. pour en connaître la liste. Avec un peu de chance, il y aura qqun dans votre région. Et non, je ne chôme pas, mais je sens que je fais une différence. À la fois dans la vie des gens que j’aide et à la fois pour faire avancer ma profession et c’est très nourrissant. Merci de votre intérêt, bonne chance à vous pour la suite.